Figure 1. Carte de la Région dans le Niger
Source : DRP/AT/DC Diffa

II. PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA RÉGION

La région de Diffa est située à l’extrême Est du Niger et est comprise entre 10° 30’ et 15°35’ de longitude Est, 13°04’ et 18°00’ de Latitude Nord.

Elle est limitée :

A l’Est par la République du Tchad ;

À l’Ouest par la région de Zinder ;

Au Nord par la région d’Agadez ;

Au Sud par la République Fédérale du Nigeria.

Elle couvre une superficie de 156906 Km2. Soit 12,4% de la superficie totale du pays qui est estimée à 1.267.000 Km2

    2.1   Institutions Régionales

Figure 2. Carte du découpage administratif
Source: DR/AT/DC Diffa

L’administration territoriale repose sur les principes de la décentralisation et de la déconcentration. Les collectivités territoriales sont créées par une loi qui détermine les principes fondamentaux de la libre administration des collectivités territoriales, leurs compétences et leurs ressources.» (Loi N° 2008- 042 du 31 juillet 2008).

Sur le plan de la déconcentration, la région est dirigée par le Gouverneur qui incarne la représentation de l’Etat sous toutes ses formes. Au niveau des départements, sont nommés les préfets qui assurent l’autorité de l’Etat au même titre que le gouverneur dans leur circonscription administrative à qui ils rendent compte quotidiennement.

Pour mener à bien les responsabilités qui sont les leurs, l’Etat a mis à leur disposition des cadres compétents et des ressources à travers les directions techniques régionales et leurs démembrements au niveau départemental et communal.

Sur le plan de la décentralisation, il existe deux paliers qui sont le conseil régional et le conseil communal.

La région de Diffa, compte douze communes dont trois urbaines (Maine soroa, N’guigmi et Diffa) et neuf rurales à savoir : Goudoumaria, N’guelbeyli, Foulatari. Chetimari, Gueskerou, Toumour, Bosso, Kablewa et N’gourti. A cela, il faudra ajouter la région collectivité territoriale.

Pour le cas précis de la région de Diffa, le conseil est compose de trente-neuf (39) membres dont vingt-huit (28) conseillers élus dont deux (02) femmes et onze (11) membres de droit parmi lesquels six (06) députés nationaux et cinq (05) représentants de la chefferie traditionnelle.

L’exécutif est compose d’un (01) président, chef hiérarchique du personnel de la collectivité et de deux (02) vices présidents choisis parmi les vingt-huit conseillers. Les vices présidents l’assistent dans ses fonctions (cf art.156 CGCT).

Conformément à l’article  152 du CGCT, Le président du Conseil régional crée et organise par arrêté les services propres de la Région après la délibération du Conseil régional.

Pour la conduite de toute action d’intérêt régional, le Président du Conseil dispose, conformément à l’article3 al 4 du CGCT, les services techniques de l’Etat dans la région (art 154 CGCT).

Aux termes de l’article 157 CGCT, le président du Conseil est assisté dans ses fonctions administratives d’un secrétaire général qui assure la préparation des sessions, y participe avec voix consultative et en dresse les procès-verbaux.

     2.2       Organisation administrative et spatiale

L’organisation administrative de la région a l’instar des autres régions du Niger sur le double principe constitutionnel de la décentralisation et de la déconcentration et est régie par la loi N 2008- 42 du 31 juillet 2008, relative à l’organisation et a l’administration du territoire de la république du Niger.

La région est subdivisée administrativement en six (6) Départements et douze (12) communes dont 3 urbaines et 9 rurales.

  • Le département de Mainé Soroa comprend trois (3) communes (Commune Urbaine de Mainé et Communes rurales de Foulatari et N’guel bely), un canton (Maïné Soroa) et 4 groupements peulhs (Foulatari, N’guel- Bely Lattouaram, et Ambouram Ali) ;
  • Le département de Goudoumaria comprend une (1) commune rurale (Goudoumaria), un (1) canton (Goudoumaria) et Trois (3) groupements peuls (N’guel Malam Saley, Dinkari, Lattouaram) ;
  • Le département de N’Guigmi comprend deux (2) communes (Commune Urbaine de N’guigmi et Commune Rurale de Kabléwa), un (1) canton (Nguigmi) et deux (2) groupements (Kawa, Maï bello);
  • Le département de N’Gourti comprend une (1) commune rurale (N’gourti) et treize (13) groupements nomades toubous et arabes ;
  • Le département de Diffa comprend trois (3) communes (Commune urbaines de Diffa, communes rurales de Chétimari et Gueskérou) et deux (2) cantons (Komadougou, Chétimari) ;
  • Le département de Bosso comprend deux (2) communes (Communes rurales de Toumour et Bosso), un (1) canton (Bosso) et un groupement peuls (Toumour).

 

2.3. Caractéristiques du climat et du milieu physique

Le climat de la région de Diffa est de type sahélien au sud et saharo-sahélien au nord. Il se caractérise par une courte saison humide et une longue saison sèche avec une pluviométrie variable du sud vers le nord de 400 mm à 20 mm. La moyenne  annuelle de pluie (1952-1996) est de 296mm à Diffa, 398 mm à Mainé-soroa et 223 mm à N’Guigmi. Une importante baisse de la pluviométrie est observée à partir des années 1970.

La saison des pluies dure en moyenne entre juin et septembre ; la pluviométrie annuelle moyenne est de 298,5 mm. La pluviométrie mensuelle moyenne la plus importante est de 133,5 mm enregistrée au  mois d’août.

La température maximale mensuelle moyenne varie entre 30,7 °C, observée au mois de janvier et 42,3 °C, observée au mois de mai. La température minimale mensuelle moyenne varie entre 13 °C observée au mois de janvier et 26,3 °C observée au mois de juin.

L’humidité maximale mensuelle moyenne varie entre 29 % observée au mois de mars et 91 % observée au mois d’août. Quant à l’humidité minimale mensuelle moyenne, elle varie entre 11 % observée au mois de mars et 50 % observée au mois d’août.

La vitesse mensuelle moyenne du vent varie entre 1,3 m/s, observée en septembre et 2,2 m/s, observée en juillet.

Avec une superficie de 156 906 km2, la région de Diffa appartient au bassin du Lac Tchad. Le relief de la Région de Diffa est modelé et est caractérisé par les influences lacustres et alluviales au sud et éoliennes au nord. Il est composé des dunes de sable (Tal, Manga et Kadzel), de cuvettes (Mandaran) et d’escarpements rocheux dans le nord. Il n’y a pas de variations brusques de topographie sauf aux abords du massif d’Agadem.

Le relief est formé de plaines et de plateaux avec une altitude variant de 275 m (Lac Tchad) et 550 m (massif d’Agadem). En dehors  donc du pointement granitique de Djajiri à l’Ouest et du massif crétacé d’Agadem au Nord, les terrains affleurant sont exclusivement des dépôts quaternaires sablo-limoneux, parfois argileux. Ils représentent le sommet d’une accumulation de sédiments secondaires et postérieurs de quelques milliers de mètres d’épaisseurs comblant un rift qui débute vers la frontière algérienne et se prolonge jusqu’au Golf du Bénin.

Les différents types de sols généralement rencontrés sont :

  • les sols hydro morphes à Pseudo Gley ;
  • les sols à Gley ;
  • les Sols à croûte saline ;
  • les sols bruns rouges ;
  • les vertisols hydro morphes et halomorphes et les sols hydro morphes.

En général, la presque totalité des sols sont pauvres. Les meilleurs sols à fertilité moyenne sont localisés dans les cuvettes de Maïné-Soroa, de Goudoumaria, le long de la KomadougouYobé et dans le lit du Lac Tchad.

La végétation est caractérisée de façon générale par une faible densité, une croissance lente et des régénérations naturelles faibles sauf dans le bassin du Lac Tchad, le long de Komadougou Yobé et dans les vallées mortes et cuvettes oasiennes.

On distingue trois (3) grandes formations forestières du Nord au Sud :

  • une steppe arbustive et buissonnante clairsemée des vieux pieds d’arbres menacés par l’érosion éolienne d’une superficie de 500.000 ha ;
  • une savane arbustive et de fois arborée couvrant près de 480.000 ha ;
  • des peuplements forestiers denses composés des grands arbres (forets de galerie) couvrant la bande extrême Sud de la région pour une superficie estimée à500 ha environ.

Elles sont toutes dans un état de dégradation de plus de 50 % dû aux effets conjugués des sécheresses et des pressions des éleveurs. En réalité, il n’en existe vraiment que neuf(9), les autres ayant totalement disparus ou ont été déclassées.

En 2004 déjà, les dunes de sable rencontrées dans les départements de Mainé, Goudoumaria, N’Gourti, Nord Diffa et Nord N’Guigmi occupent 59,62% des unités d’occupation des sols, suivies de la steppe herbeuse qui occupe 32,45%, le Lac Tchad avec 2,33%, les cultures pluviales 2,30%. Les cuvettes oasiennes (1,43%), la steppe arborée à Accacia sp (1,40%) et la Komadougou Yobé (0,46%) ont vu leurs superficies fortement réduits par l’ensablement.

La région de Diffa renferme une faune riche et variée. On y rencontre les gazelles dorcas et rufifrons, les Addax, les outardes, les chacals, les singes, les fennecs, les lièvres, les gerboises, les écureuils, etc.

La région de Diffa renferme d’importantes ressources en eau souterraine localisées dans deux principales entités hydrogéologiques :

– la nappe phréatique du Manga ou nappe du quaternaire, d’une superficie estimée à 150.000 km2, d’une la profondeur moyenne est de 0 à 50 m et des débits spécifiques variant de 1 à 3 m3/h/m de rabattement avec une valeur moyenne de 4,1 m3/h/m.

– la nappe du Pliocène est artésienne, localement jaillissante et d’une grande extension dans la région. La limite occidentale passe à l’Est de Goudoumaria, à l’Est,  elle semble se prolonger jusque vers les pays bas Tchadiens, au sud elle se poursuit jusqu’à la ligne Maiduguri-Geidam, au Nigéria. La nappe artésienne du pliocène reste profonde et est supposée être fossile. Le débit spécifique varie de 0.3 à 2 m3/h/m, le débit des forages artésiens varie de 0.01 à 82 m3/h avec une médiane de 8m3/h

Les  ressources en eau de surface de la région sont  constituées par la Komadougou Yobé, le lac Tchad, et un chapelet de mares.

La Komadougou Yobé charrie en moyenne 500 millions de m3 d’eau par an. C’est une rivière dégressive qui perd une grande partie de ses eaux par infiltration, épandage et évaporation, principalement dans son cours Nigérien. La cuvette de Mamouri est le débouché de la Komadougou sur le lac Tchad.

Les mares identifiées sont au nombre de 120 dont 103 temporaires et 17 semi permanentes toutes alimentées par la Komadougou et les eaux de pluie. Elles ont un faible niveau de remplissage et souffrent du phénomène d’ensablement croissant ces dernières années.

Le Lac Tchad couvre une superficie d’environ 2 000 km2 dont 2% seulement en territoire nigérien et ne fait plus que des incursions sporadiques depuis 1984. Il est principalement alimenté par le fleuve Chari et la rivière El Beid dans sa partie australe et par la Komadougou dans sa partie septentrionale. Ces trois cours d’eau contribuent pour près de 90% des apports en eau, dont seulement 1% pour la Komadougou.

Le lac Tchad, la Komadougou Yobé et ses systèmes de mares, constituent l’essentiel du potentiel  halieutique de la région de Diffa. Malgré les contraintes naturelles dont le phénomène d’ensablement qui menace son développement économique et social, la région offre des potentialités à ne pas négliger, notamment les ressources halieutiques qu’exploite une multitude de communautés de pêcheurs.En effet, la pêche constitue l’une des principales activités d’exploitation du capital naturel. Cependant, le retrait des eaux du lac Tchad du territoire nigérien, suite aux sécheresses des années 1980 et à l’endiguement des rivières Logone et Chari au Cameroun, s’est traduit par :

– l’assèchement d’une superficie en eau d’environ 300 000 ha, soit 97% de la superficie des pêcheries de la partie nigérienne du bassin conventionnel du lac Tchad ;

– la chute d’environ 98% de la production potentielle annuelle des pêcheries de la partie nigérienne du lac Tchad ;

– la surexploitation du potentiel halieutique de la Komadougou et de ses méandres (intensification de l’effort de pêche).

2.4. Milieu humain

La Région de Diffa est née de l’érection des départements tels que définis par la loi 64-023 du 17 juillet 1964 portant création des circonscriptions administratives et des collectivités territoriales. Son histoire se confond avec celui du Niger et des principales peuplades qui la compose.

L’histoire de la région de Diffa se rattache à l’histoire du Sud–Est nigérien considéré jusqu’en 1900 comme la partie septentrionale de l’empire du Bornou.

Elle est reconnue comme la région la moins  peuplée dans la zone sédentaire du pays. Les peuples qui la composent sont en majorité des Kanouris, avec cependant des caractéristiques culturelles et même physiques propres à chaque sous-groupe ethnique ;  les  autres communautés (Peulh, Boudouma, Toubou, Arabe, Touarègue, Haoussa), confèrent à la région sa grande diversité des langues et de cultures. En effet, même si on note chez la plupart d’entre elles une prétention à une ascendance Sao et une tendance à faire venir leurs ancêtres du YEMEN, même si en majorité elles sont KANOURIPHONES, la réalité sociale actuelle indique que nous avons à faire à des peuples distincts. Les traditions historiques insistent sur le fait qu’ils soient venus d’horizons divers et à des périodes différentes. Pour la plupart, leur installation à l’Ouest du Lac Tchad semble être postérieure à la conquête du Bornou par les Sefuwa (XVIème siècle).

Après cet événement, on ne parle plus des Sao (reconnus pourtant comme les maîtres du pays avant la conquête) mais d’un certain nombre de peuples : Kanouri, Mober, Manga, Dagra (qui tous se représentent comme des sous-groupes ethniques de l’ensemble Kanouriphone), Boudouma, Toumari, Kuburi, Jetko, Toubou).

La diversité sociolinguistique de la région se traduit par un brassage de plusieurs groupes ethniques de  modes de vie et stratégies économiques relativement assez différenciés. Ce sont :

  • Les groupes KANOURIPHONES qui sont numériquement dominants dans la région ;
  • Les FULFULDEPHONES ou PEUL subdivisés en 5 sous-groupes: Les Fulbé, les Bokolodji dépositaires de l’élevage des espèces bovines bokolodji et les Ouda dont les troupeaux sont composés exclusivement d’ovins.
  • Les ARABOPHONES composés des sous-groupes Oulêd Sliman, Mogharba, Chirfa, Warfala et Gadatfa qui sont des pasteurs purs, les Hassaouna dont la mobilité est en général assez réduite ; les arabes Choa qui sont des agro pasteurs aujourd’hui présents dans le bassin du lac ; Enfin, les Mohamid éleveurs surtout de dromadaires très mobiles et dont l’arrivée au Niger est très récente (début des années 80).
  • Les TOUBOU, se présentent en trois sous-groupes : lesDaza, les Teda et les Azza
  • Les BOUDOUMA résident surtout sur des îlots du bassin tchadien ;
  • Les TOUAREG qui sont des Agro pasteurs établis dans la partie Nord–Ouest frontalière avec la région de Zinder.
  • Les HAOUSSAPHONES, agriculteurs vivant essentiellement dans les grands centres et sont les principaux animateurs du commerce régional.

L’Islam est la religion dominante dans la région. Cependant, on rencontre quelques chrétiens et animistes à des proportions très négligeables. L’Islam est infiltré ces dernières années par des courants divisionnistes (confréries).

L’organisation sociale repose sur une société traditionnelle dont le fonctionnement est basé sur une organisation très complexe. L’un de ses principes fondamentaux est la division du travail qui détermine le rôle et la place de chaque individu à l’intérieur de la communauté.

Les chefs de cantons et /ou de groupements jouent le rôle de l’autorité coutumière et sont des auxiliaires de l’administration.

Au niveau de base se trouvent les chefs de village ou de tribu qui jouent le même rôle que les chefs de canton au niveau de leurs localités.

D’après les résultats du RGP/H 2012 la population de la région de Diffa est estimée à 593 821 habitants avec une densité moyenne de 2,9hbts/km2. Toutefois la croissance démographique demeure encore élevée avec un taux d’accroissement intercensitaire moyen annuel  qui est passé de 4,8%  pour la période de 1988-2001 à 4,7% pour la période 2001-2012.

La population de la région est jeune : les moins de 15ans représentent 52,81% de la population totale de la région.

En ce qui concerne l’emploi et la pauvreté, la population active totale de la région de Diffa est de 260 446 dont 129 904 hommes et 130 542 femmes.

La pauvreté touche plus particulièrement les femmes que les hommes .Les ménages dirigés par les femmes ont un revenu annuel total de 198.126 F CFA en moyenne soit seulement 34,71% du revenu total moyen contre 623.293 F CFA pour ceux dirigés par les hommes.

S’agissant des migrations, traditionnellement, les villages d’agriculteurs se déplacent périodiquement à la recherche de nouvelles terres, d’un nouveau puits, ou se subdivisent pour créer de nouveaux villages plus éloignés pour se soustraire aux exigences administratives ou pour résoudre certains conflits sociaux internes à la communauté. La  faible densité de populations a toujours facilité cette mobilité.

De nos jours, la migration est plus caractérisée pas le déplacement des travailleurs saisonniers des régions de Tahoua, Maradi et Zinder vers la région de Diffa avec une forte concentration des immigrés dans la ville de Diffa.

Sur le plan international les mouvements migratoires observés sont:

  • Un mouvement migratoire, venant de l’extérieur s’observe avec l’arrivée chaque année des éleveurs tchadiens et camerounais.
  • Une émigration sociale, fondée sur les relations familiales et les échanges matrimoniaux ;
  • Une migration transnationale de la zone sédentaire Kanouri du Niger vers les terres propres agricoles du Nigeria voisin.

Il existe également un type de mouvement transhumant des zones pastorales vers  le nord  du Nigeria, le Cameroun, la Centrafrique et le Tchad.

L’exode rural intervient pour des raisons à la fois culturelles et économiques.

         2.5.      Bilan des secteurs productifs

          2.5.1       Sous-secteur de l’agriculture

La Région de Diffa est à vocation essentiellement agro-pastorale. La production céréalière de Diffa repose actuellement sur les systèmes de cultures pluviales et irriguées.

La production pluviale est caractérisée par une forte instabilité inter annuelle liée aux fluctuations des superficies mises en valeur, aux aléas climatiques et aux ennemis des cultures notamment les sautereaux et les oiseaux granivores. L’évolution de la production montre que les déficits céréaliers dans la région sont devenus quasi structurels. Mais la région dispose d’énormes potentialités en matière de cultures irriguées et de décrue qui contribuent à la résorption des déficits observés en campagne pluviale. Globalement dans la région, on estime les superficies exploitables à 265 000ha dont 182 000ha dans le lit du lac Tchad, 75 000 ha le long de la Komadougou Yobé et 8 000ha dans les  cuvettes oasiennes de Maine Soroa.

Malgré la forte progression des cultures irriguées (poivron, oignon, riz, blé, maïs et orge) dans les cuvettes, sur les rives et la zone d’épandage de la Komadougou Yobé ces dernières années, le mil reste encore largement dominant (¾ de la superficie cultivée).

A l’exception d’Agadez, Diffa est la Région la moins agricole avec un rapport superficie physique cultivée sur population totale de la Région égal à la moitié de la moyenne nationale. Les superficies cultivées (environ 76 537 ha en 1996 et 149 191 ha en 2005) par rapport à la population sédentaire de la Région oscillent entre 0,54 et 0,67 hectare par habitant.

Les contraintes au développement du sous-secteur de l’agriculture se résument comme suit :

  • un déficit alimentaire chronique dû principalement à la faible pluviosité de la Région, à la pauvreté des sols dunaires et leurs lessivages, à la pression parasitaire et surtout à une sous exploitation des terres irrigables ;
  • un manque de ressource pour son financement : les faibles capacités financières des exploitants, l’absence de crédit adapté et de système efficace d’approvisionnement en intrants sont les principales causes du sous équipement agricole dans la région ;
  • la non maîtrise de la commercialisation : les produits de la Région n’ont pas de débouchés sûrs, toutes les filières sont sous le contrôle des étrangers car les organisations des producteurs ne sont pas dynamiques ;
  • la dégradation des infrastructures d’hydraulique agricole (AHA et puits maraîchers).
  • l’étiage rapide de la Komadougou, principale source d’approvisionnement en eau de ces aménagements ;
  • la non appropriation des ouvrages par les bénéficiaires (insuffisance dans l’entretien et la maintenance des ouvrages) ;
  • l’insuffisance du personnel d’encadrement et des moyens mis à leur disposition ;
  • le manque de programmes pertinents de formation des coopératives ;
  • la faible capacité d’approvisionnement en intrants et matériels agricoles des coopératives ;
  • la non intégration de la double culture sur les périmètres équipés en forages;
  • vétusté des infrastructures et équipements ;
  • la pression parasitaire (puceron sur le poivron et oiseaux sur le mil et le sorgho).

De toutes les stratégies, développées par les populations, il importe de soutenir et d’encourager celles tendant vers les activités productives (approvisionnement en intrants, transformation et commercialisation des produits agricoles) et de préservation et restauration du capital productif. La situation d’insécurité alimentaire dans la région est alarmante, étant donné le faible niveau de revenu, l’environnement peu favorable aux investissements susceptibles d’améliorer les rendements de l’agriculture ou de diversifier les sources de revenus.

Ces stratégies ont pour axes :

– renforcer la production agricole tout en encourageant l’exploitation durable des ressources naturelles;

– promouvoir l’intégration de l’élevage et de l’agriculture ;

– promouvoir et renforcer l’efficacité des filières de transformation et de commercialisation des produits agricoles ;

– promouvoir la mise en place des infrastructures socio- économiques de base (approvisionnement en intrants, commercialisation et transformation des produits).

               2.5.2     Sous-secteur de l’élevage

En ce qui concerne l’élevage, la région est une zone d’élevage par excellence. En effet, en tant qu’activité de production, l’élevage, le plus  couramment pratiqué de manière extensive,  concerne près de 95% de la population de la région et intervient pour près de 55% dans la constitution du produit annuel brut de la région.

La superficie des zones pastorales est estimée à environ 6.078.320 hectares. La région dispose aussi de 36 enclaves pastorales reparties entre les départements de Bosso (14 enclaves) et de N’Guigmi (22 enclaves) pour une superficie de 5.011 hectares.

Le cheptel de la région estimé à plus de 3 750 686 têtes toutes espèces confondues correspondant à 1 636 916 UBT en 2013, est composé des Bovins, Ovins, Caprins, Camelin, Equins et Asins soit 9,90% du cheptel national (Source : SDDEL, 2012-2035). La volaille ne dispose pas de données chiffrées mais est d’un appoint important en  protéines nobles pour les populations.

Malgré l’insuffisance des moyens matériels et financiers la direction s’est attelée à accomplir les tâches, avec l’appui des projets et associations (PAC/RC, PAC III, CARE Diffa, PADL  DIFFA, AREN), axées sur :

  • La santé animale : par la prophylaxie contre les principales épizooties (campagnes de vaccination, maintien du cordon sanitaire le long des frontières), les traitements individuels à la clinique, la surveillance épidémiologique et la vulgarisation des produits zoo vétérinaires ;
  • La production animale : suivi et évaluation des pâturages, vulgarisation des thèmes techniques permettant l’amélioration de la production animale (fenaison, ensilage, paille à l’urée, cultures fourragères, bloc multi nutritionnel,…) ;
  • Le contrôle des marchés : récolte des données sur les marchés à bétail (présentation, exportation, ventes, abattage d’animaux, des produits animaux, mercuriales,…) ;
  • L’encadrement et la gformation des éleveurs aux techniques d’élevage.

Malgré ses atouts et sa place importante dans l’économie de la région, le secteur de l’élevage est de plus en plus confronté à des graves difficultés qui sont :

  • Le déficit fourrager chronique de la région de Diffa (10 années sur 12 sont déficitaires).
  • Le mauvais maillage des points d’eau ne permettant pas l’exploitation rationnelle des pâturages;
  • La dégradation des parcours et/ou leur colonisation par les espèces envahissantes;
  • La faible organisation des producteurs dans le domaine de la commercialisation des animaux et de leurs produits;
  • La non matérialisation de certains couloirs de passage des animaux surtout le long de la Komadougou;
  • L’existence de pathologies à caractère endémique dans le lit du lac Tchad (Hémato parasitoses, pasteurellose, etc.).
  • Insuffisance des services des proximités et de faible encadrement des éleveurs,
  • Absence de projet spécifique d’intervention en milieu pastoral.

           2.5.3      Sous-secteur environnement

Concernant le sous-secteur de l’environnement, la région de Diffa regorge d’énormes  ressources forestières :
– dix-neuf (19)  « forêts classées » couvrant une superficie d’environ 71 014 ha ;

– la présence d’une végétation boisée dense (forêt galerie) le long de la Komadougou Yobé composée de plusieurs espèces dont Diospyros mespilformis, Acacia raddiana etc. Elle couvre une superficie de 75.000 ha ;

– la présence d’importants peuplements de Prosopis chilensis dans l’ancien lit du lac Tchad couvrant une superficie de 150.000 ha qui jouent notamment un rôle important dans la satisfaction des besoins des populations en bois de service et de feu ;

– la présence d’importantes doumeraies naturelles (Hyphaene thebaica) dans les cuvettes et tout au long de la Komadougou Yobé. Ces cuvettes constituent de véritables enclaves forestières qui renferment une diversité d’espèces ligneuses telles que Ficus gnaphalocarpa, Borassus aethiopum, Tamarix gallica ;

– la présence d’un important peuplement de gommeraie (naturelle, sites de plantation des programmes gommier national, bio carbone, sites privées) favorable à la production de la gomme arabique ;

– l’existence des sites de plantation des programmes gommier national, bio carbone, les sites de récupération de terres plantées et les sites de reboisement sur environ 11 000 ha.

Le bois et le charbon de bois constituent les principales sources d’énergie des populations de la région de Diffa. Le bilan énergétique en bois-énergie de la région est globalement déficitaire.

La diversité des sols de la région de Diffa (sableux, argileux, etc.) et les conditions climatiques sont très favorables au développement du gommier et à la gommose, qui consiste en la production naturelle de gomme provoquée par le stress.

La problématique de la gomme arabique est étroitement liée à celle des forêts.

La Région de Diffa compte 9 domaines protégés constituées de gommiers naturels. Les gommerais naturels de la région se situent essentiellement dans les départements de Diffa, Mainé Soroa et Goudoumaria. La superficie des gommeraies du domaine protégée de la région était estimée à 1 630 ha.

La région de Diffa renferme une faune riche et variée. On y rencontre les gazelles dorcas et rufifrons, les Addax, les outardes, les chacals, les singes, les fennecs, les lièvres, les gerboises, les écureuils, etc.

La région dispose de 3 réserves de faune (Daddaria, Tam et RNNTT). La Réserve Nationale Naturelle de Termit et Tintouma (RNNTT) sur une étendue partagée de 9 700 000 ha est à cheval entre les régions de Diffa (1/3 de la réserve), Zinder et Agadez.

Le potentiel faunique de la région de Diffa se trouve aujourd’hui fortement dégradé et réfugié pour l’essentiel dans la zone Nord pour ce qui est de la grande faune c’est à dire les mammifères. Ce patrimoine régional est composé essentiellement des gazelles dama, dorcas, des addax, des singes, des hyènes, des chacals surtout dans le nord-est du département de N’Guigmi et le département de N’Gourti notamment dans le triangle Sayam-Kossotori-N’Guigmi.

Les principales contraintes relevées sont :

  • l’ensablement, véritable contrainte au développement de la région car, ce phénomène menace directement les bases de production (sol, eau, végétation, habitations humain et faunique, et autres infrastructures socio-économiques) ;
  • le déboisement excessif (surtout le long de la rivière Komadougou) lié à l’extension des superficies cultivées, à la satisfaction des besoins en bois énergie et en bois d’œuvre et de service ;
  • les feux de brousse ;
  • le surpâturage et particulièrement l’émondage abusif par les éleveurs transhumants ;
  • la persistance de l’utilisation des pratiques agricoles destructrices de l’environnement (défrichement systématique et brûlis dans les champs, ramassage systématique des résidus de cultures, culture sur pente etc.) ;
  • les sécheresses ;
  • le vieillissement des arbres ;
  • la prédominance de l’exploitation incontrôlée du bois.
  • le braconnage ;
  • la destruction des habitats fauniques ;
  • l’ensablement du lit de la Komadougou, du Lac Tchad et des mares ;
  • le retrait du lac depuis 2003, qui justifie la chute des productions (à enlever) ;
  • le tarissement précoce des plans d’eau lié à l’effondrement des berges de la Komadougou (rivière qui les alimente) et aux érosions éolienne et hydrique ;
  • l’utilisation des engins de pêche raclant (senne) et de techniques destructrices (barrage, poison etc.) ;
  • les sécheresses ;
  • les importantes pertes après capture ;
  • la mise en valeur des frayères des poissons (culture de poivron, riziculture) ;
  • la réalisation d’ouvrages de régulation au Nigeria ;
  • l’utilisation d’engins raclant et de techniques de pêche prohibées ;
  • la forte variation du régime hydrologique des plans d’eau ;
  • la sous exploitation du potentiel halieutique du Lac Tchad ;
  • la faible maîtrise des statistiques ;
  • l’insuffisance de l’équipement des pêcheurs ;
  • la disparition de certaines espèces liée aux changements climatiques ;
  • les pollutions et nuisances de l’environnement (Déchets plastiques, exploitation pétrolière, carrières, utilisation d’engrais, etc.).

2.6.    Bilan des secteurs sociaux

                             2.6.1   Sous secteur éducation

Le secteur de l’éducation comprend le Préscolaire, l’Enseignement Primaire, l’Alphabétisation, la Promotion des Langues Nationales et l’Education Civique, l’Enseignement Secondaire, l’Enseignement Professionnel et Technique et l’Enseignement Supérieur.

L’enseignement préscolaire s’adresse aux enfants âgés de trois (3) à cinq (5) ans. L’inspection régionale de l’enseignement préscolaire a été créée en janvier 2008 par arrêté No 0204/MEN/SG/DGEB/DEB1 du 20/12/2008.

Le personnel d’encadrement est resté extrêmement insignifiant durant ces quatre dernières années : une seule inspectrice et une seule conseillère faisant fonction pour toute la région. Le nombre d’éducatrices en 2013 est de 167.

En 2013, on dénombre 77 écoles totalisant 135 classes dont 102 en paillotes. Ceci a un grand impact sur l’apprentissage et expose les enfants à des aléas de toute nature sans compter la réduction du temps scolaire avec les saisons pluvieuses (disponibilité de la paille et début des pluies.

En termes d’effectif en 2013, les 77 écoles totalisent 4107 enfants dont 2076 filles.

On relève que les ratios élèves/maitres, élèves/classes et élèves/tables sont respectivement de 23, 37 et 6 au cours de l’année 2013.

L’enseignement primaire quant à lui, comprend le primaire traditionnel et le primaire franco arabe :

L’enseignement primaire traditionnel en 2013, compte six (6) inspections primaires  pour l’ensemble de la région. On dénombre au total 689 écoles avec 1772 classes.

Le personnel d’encadrement est composé de1920 enseignants dont 1029 femmes et les effectifs de 35 969 élèves dont 18441 garçons et 17528 filles ; il existe cependant des disparités selon les inspections entre filles et garçons.

Les ratios élèves/maître ont généralement évolué dans toutes les inspections en passant de 29 à 24 à Diffa département et de 27 à 22 à Diffa commune entre 2009 et 2013. La même tendance est observé au niveau du ratio élèves / classe et élèves /tables-bancs. La première tourne autour de 24 en 2013 avec un pique de 27 à Diffa commune et le deuxième reste à 3 élèves par table avec 4 à Goudoumaria en 2013. (Voir tableau 1. Ratios/Taux de l’éducation primaire du diagnostic).

L’enseignement primaire franco arabe a connu une évolution très lente. En effet, il y avait une seule inspection régionale de Diffa de 2000 à 2012. La deuxième inspection qui est celle de Maïné Soroa a été créée en 2012. A partir de cette date, nos statistiques prennent en compte, sans les désagréger, les données des deux inspections (IEFA/Diffa et IEFA/Maïné).

Le personnel d’encadrement est composé en 2013 de 2 inspecteurs, 4 conseillers pédagogiques et 685 enseignants dont seulement 80 titulaires.

La situation des infrastructures du franco arabe en 2013 comprend 163 écoles pour 438 classes dont 163 en durs et d’un seul bloc administratif.

Les effectifs des élèves sont de 12297 dont 5980 filles et 6317 garçons.

Au niveau de cet ordre d’enseignement, il n’y a pas de grande disparité entre les sexes.

Les ratios moyens Elèves/Maîtres et élèves/classe sont respectivement est de 23 et 32.

Le taux brut de scolarisation varie de 50.64% à Mainé Soroa à 72,51 % à N’Gourty.

Malgré l’effort fourni par l’Etat ces cinq (5) dernières années notamment dans le cadre du Programme Décennal de Développement de l’Education (PDDE), le TBS de la région de Diffa n’a pas beaucoup évolué. Cela est dû à la conjugaison de plusieurs facteurs : d’abord l’immensité de la région surtout dans sa partie nord, ensuite parce que la grande majorité de la population n’accorde pas beaucoup d’importance à l’instruction surtout des filles ; enfin parce qu’aujourd’hui l’obtention d’un quelconque diplôme ne donne  pas directement accès à un poste à la fonction publique. L’enseignement primaire est caractérisé par plusieurs disparités ; disparité entre ville et campagne ; disparité entre zone sédentaire et nomade ; disparité entre garçons et filles, même si une légère amélioration de l’accès des filles à l’école a été constatée ces dernières années. Un autre problème qui mine l’enseignement primaire est la qualité de l’enseignement dispensé.

Pour pallier à l’insuffisance du personnel enseignant, une école normale d’instituteurs (ENI) a été créée en 2010.

En 2013, le Personnel d’encadrement est composé de 17 encadreurs, d’un personnel administratif de 7 agents et d’un personnel d’appui de 4 agents.

L’effectif des élèves maître est de 397 dont 320 filles en 2013.

Les proportions d’élèves maîtresses se sont accrues de façon exponentielle, passant de 60 % la première année à 80 % en 5ème année.

Les ratios élève/encadreur, élève/table banc et élève/classe sont respectivement de 23, 2 et 33.

Ouverte en Octobre 2010, l’ENI de Diffa a formés un nombre total de six cent cinquante-neuf (659) enseignants, à la fin de l’année scolaire 2014, dont 629 Instituteurs Adjoints et 30 Instituteurs. Chaque année, tous les enseignants formés à l’ENI de Diffa sont recrutés comme enseignants contractuels dans la région. Leur nombre ne permet pas encore à la région de couvrir ses besoins en maîtres, c’est pourquoi la DREP/A/PLN/EC compense chaque année le déficit par un recrutement supplémentaire d’enseignants contractuels sans formation initiale.

En termes d’infrastructures, l’ENI de Diffa dispose d’un seul bloc administratif, de douze (12) salles de classe et seulement de deux (2) blocs de latrines.

Dans le sous-secteur des enseignements secondaires, la région de Diffa dispose d’une Direction Régionale (DRES) comportant une coordination pédagogique régionale (CPR), une Inspection Régionale d’Education Physique et Sportive (IREPS), une Inspection Régionale de l’Enseignement Franco Arabe (IREFA) et trois (3) Directions Départementales des Enseignements Secondaires (DDES).

L’enseignement secondaire totalise 24 établissements publics et 6 établissements privés dont 14 situés en zone rurale.

En 2013, on dénombre 263 classes, 3446 tables bancs et 18 blocs administratifs.

L’encadrement est assuré par 343 professeurs pour un effectif de 11043 élèves.

Le ratio élève/classe est 42.

Les principales contraintes des enseignements secondaires sont :

  • le problème de tuteurs des élèves non-résidents ;
  • le recrutement de professeurs sans profil ni formation pédagogique préalable et l’insuffisance ou même l’absence d’infrastructures (salles de classe, laboratoires, bibliothèques, bureaux), des équipements, des manuels et fournitures scolaires se répercutent négativement sur le rendement scolaire.

En ce qui concerne l’enseignement Professionnel et technique, au titre de l’année académique 2013-2014, la région compte neuf (9) établissements d’EFPT toutes tutelles confondues dont un seul privé. Ils totalisent 860 apprenants dont 412 filles soit une proportion de 47,90%.

Le dispositif d’encadrement de l’EFPT comprend :1 Direction Régionale des Enseignements Professionnels et Techniques ;1 Inspection Régionale de la Formation Professionnelle et Technique ;1 Plateforme d’Information et d’Orientation Professionnelle des Jeunes et 1 Antenne Régionale du FAFPCA.

Tous les établissements d’EFPT sont dans des locaux d’emprunts.

L’encadrement est assuré par :

– un personnel Administratif de 19 agents dont 5 femmes;

– un personnel enseignant de 39 agents dont 2 femmes parmi lesquels 13 contractuels – un personnel Auxiliaire de 6 agents dont 1 femme parmi lesquels 3 formateurs, 1 chauffeur, 1 gardien et 1 manœuvre.

Ces agents, toutes catégories confondues, sont numériquement insuffisants pour faire fonctionner correctement les différents services et établissements existants et certains profils restent introuvables sur le marché de l’emploi.

Dans le domaine de l’alphabétisation, il existe quatre inspections de l’éducation non formelle, seule l’inspection départementale de Diffa possède ses propres locaux.

Cinq (5) Foyers d’Education Permanente (FEP) construits en matériaux définitifs par le projet éducation 1 FAD.

D’une manière générale les cours d’alphabétisation se déroulent sous des hangars construits pour la circonstance.

Il est très difficile de parler d’effectif pour le secteur du non formel parce que les effectifs changent chaque année relativement aux centres d’alphabétisation ouverts.

En 2013, la région totalise 44 centres d’alphabétisation pour 971 apprenants dont 532 femmes. Le taux de réussite enregistré est de 65,87%.

Le secteur non formel souffre d’un manque criard de financement. Il est caractérisé par une offre très en deçà de la demande.

L’Enseignement  supérieur a vu le jour avec la création en 2014 d’une université et d’un institut spécialisé dans le domaine de la gestion de l’environnement et des ressources naturelles dont la première promotion est attendue pour cette année 2015.

Au niveau des enseignements primaire, secondaire et professionnelle et technique, il existe des écoles privées dont la situation en 2013/2014 se présente comme suit :

– 9 écoles primaires et préscolaires traditionnelles avec un effectif de 1310 élèves (661 filles) répartis dans 42 classes tenues par 52 enseignants ;

– 1 école primaire franco-arabe avec 113 élèves (54 filles) répartis dans 4 classes et tenues par 4 enseignants ;

–  6 écoles secondaires (CSP) dont 4 dans la commune de Diffa et 2 dans la commune de N’Guigmi totalisant 1196 élèves dont 465 filles.

Les principales contraintes du secteur éducatif sont :

– pléthore des classes en paillottes ;

– manque de locaux pour plusieurs inspections et secteurs pédagogiques ;

– parc auto et moto vétuste de certaines inspections ;

-accroissement constant des effectifs scolaires ;

– insuffisance de table bancs ;

-prédominance des femmes surtout mariées dans le personnel enseignant rendant la gestion difficile ;

-faible qualification de certaines catégories de personnel ;

-faible motivation et la forte mobilité du personnel enseignant contractuel

– manque de local propre pour la DRES ;

– vétusté des locaux existants ;

– retard dans paiement et limitation des points de paiement des pécules, grèves, arrêt de travail à partir du 8 de chaque mois ;

– abandons massifs des élèves surtout en zone pastorale due à la situation agropastorale précaire ;

– insuffisance criard des manuels scolaires ;

– insuffisance de partenaires pouvant soutenir ce secteur ;

-multiples mouvements des enseignants et des apprenants ;

-faible qualification des opérateurs privés en matière de conception et de mise en œuvre de programme d’alphabétisation de qualité répondant à la demande des bénéficiaires ;

-sous financement chronique de l’AENF sur les ressources nationales (budget national et budget des collectivités);

– insuffisance et vétusté des matériels informatiques ;

-retard dans l’allocation des autorisations de dépenses ;

– insuffisance du personnel d’encadrement en langue.

                    2.6.2    Sous secteur santé

Le système de santé est structuré à plusieurs niveaux : les cases de santé, les CSI, les Hôpitaux de district, les centres hospitaliers régionaux, les cabinets et salles de soin.

La DRSP de diffa dispose de : un (1) CHR, un (1) centre de la Mères et  de l’Enfant, trois (3) districts sanitaires à savoir Diffa, MainéSoroa et N’Guigimi, cinquante (50) CSI de type 1 et 2, cent trente-quatre (134)  cases de santé, trois(3) salles de soins, trois pharmacie publiques et quatorze (14) dépôts pharmaceutiques.

En 2013, Le personnel de santé est composé de 13 médecins, 169 infirmiers et 30 sage-femme soit un ratio respectivement de 1/20938, 1/ 2145 et 1/2470.

On note que les infrastructures sanitaires ont peu évolué au cours des cinq (5) dernières années.

La carte ci-dessous présente la situation réactualisée des infrastructures sanitaires de la région.

Figure 3. Situation des Infrastructures sanitaires de la région

Le taux de couverture sanitaire de la région est de l’ordre 41,49 en 2013.

Les cases de santé ont permis d’améliorer significativement le taux de couverture sanitaire.

Parmi les maladies les plus fréquentes, le paludisme demeure la maladie qui sévit le plus dans la région et la principale cause des décès. Elle est suivie par la malnutrition.

La mortalité néonatale et infantile reste élevée dans la région. Cependant, d’importants efforts de vaccination sont faits par l’Etat avec l’appui des partenaires pour améliorer la santé des populations.

Les principales contraintes du sous-secteur sont :

– l’insuffisance du personnel en quantité et en qualité selon les normes et standards du MSP ;

– l’instabilité du personnel ;

– le retard dans le paiement des factures liées à la gratuité des soins ;

– l’absence d’électrification de certaines CSI;

– le retard dans le financement des PAA ;

– l’inadaptation de certains véhicules au terrain ;

– l’absence de micro plan des CSI ;

– l’insuffisance de moyens de communication de la majorité des CSI (GSM) ;

– la mauvaise répartition du personnel ;

– l’insuffisance et irrégularité des crédits délégués ;

– la faible couverture vaccinale.

 

  • Sous-secteur de l’hydraulique et de l’assainissement

La situation hydraulique de la région en 2013 se présent comme suit :

  • Hydraulique urbaine

Les données des centres urbains et semi urbain se caractérisent par plusieurs mode de gestion selon le milieu. Dans la région de Diffa les départements concernés par la gestion de la Société d’Exploitation des Eaux du Niger (SEEN) sont N’Guigmi, Goudoumaria, Diffa et Mainé Soroa.A part  ces communes toutes les autres localités de la région Diffa ayant  une adduction en eau potable sont contrôlées par la gestion déléguée.

Le réseau SEEN de la région comprend : 4 centres urbains et secondaires avec 5 réservoirs totalisant 2320 m³ pour une longueur de distribution de 135369 ml. L’adduction est de type AEP et la source d’énergie dominante est l’électricité.

 

-Hydraulique villageoise

Le  tableau ci-dessous illustre la situation des infrastructures de l’hydraulique villageoise dans la région de Diffa.

Tableau 1. Situation hydraulique de la région en 2013

DEPARTEMENT PC PMH FA MINI-AEP PEA SPP TOTAL ePEM Taux de couverture (%)
Nbre total Nb BF/ ab. Nbre robinets Nbre total Nbre  robinets
Diffa et Bosso 442 65 18 16 87 158 2 9 1 693  

73,70

Mainé Soroa et Goudoumaria 456 34 16 9 38 80 3 13 1 600  

70,52

N’Guigmi et N’Gourti 361 16 5 3 14 25 0 0 1 408  

100

TOTAL 1 259 115 39 28 139 263 5 22 3 1 701  

79,72

Source : DRH Diffa, rapport d’activités 2013

 

Cette situation cache des disparités énormes en termes de taux de couverture en eau selon les départements de la région.

 

Les Indicateurs d’accès aux services de l’eau sont variables d’une commune à l’autre. en 2013, le taux de couverture géographique en eau varie de 42,44% à N’Guigmi à 100% à Chétimari tandisque le taux d’accès théorique varie 32,59% à N’Guigmi à 100% à Chétimari.

Quant au taux de panne des ouvrages d’eau, il varie de 1,79% à Gueskerou et 18,29% à Bosso.

 

L’évolution de la Situation hydraulique rurale par commune  montre qu’en 2013 la commune de N’Guigmi est la plus défavorisée. Cependant la commune de Bosso a le taux de panne le plus élevé.

 

Le cadre institutionnel de la gestion de l’eau clarifie les rôles et les responsabilités de l’État, des collectivités, des institutions, des administrations ou services et aussi le secteur privé. A l’échelle régionale, les autorités administratives veillent à l’application des textes juridiques nationaux relatifs aux stratégies et politiques sectorielles de l’eau et de l’assainissement. Les collectivités territoriales assurent, dans le cadre de leurs missions, la gestion durable de l’eau avec la participation effective de tous les acteurs concernés.

En ce qui concerne l’hygiène et assainissement, il n’existe pas de base de données actualisées et harmonisée sur les infrastructures d’hygiène et assainissement provenant de la DRSP, de la DRH, de la DRE et de la DREN. Toutefois, de 2007 à 2013 des infrastructures sont réalisées par des partenaires intervenant dans la région. L’approche de sensibilisation des communautés sur les conséquences de la défécation à l’air libre est initiée depuis 2012 par l’UNICEF, contribuant ainsi à améliorer la couverture de l’assainissement en milieu rural et en milieu péri urbain.

 

A partir de 2014, les réalisations des latrines familiales, publiques et scolaires connaitront  une nouvelle impulsion d’une part, avec le démarrage des réalisations physiques du volet PHA du PASEHA.

 

Les contraintes liées au sous-secteur sont :

Les infrastructures d’hydraulique urbaine sont concédées, gérées par la SEEN. Par manque de données il est difficile de faire une analyse explicite de ces données mais les  difficultés majeures auxquelles sont confrontés nos centres sont les suivants :

– les systèmes de distribution existants est en porte à faux avec les extensions car la population accroit (le besoin) alors que les réalisations (châteaux et forages) se font à pas de caméléon ;

– les dimensionnements des ouvrages ne tiennent pas compte de l’évolution de la population et de l’urbanisation des centres ;

– manque de coordination et d’échange de données entre les différents acteurs intervenants dans le secteur (SPEN, SEEN, MH/A, DRH/A, DDH/A, etc.) ;

– le  non-respect des droits du consommateur ;

– l’attribution de la gestion à des personnes privées n’ayant pas la capacité d’assurer de manière adéquate la gestion et l’entretien des  ouvrages hydrauliques.

 

  • Sous-secteur de la jeunesse, des sports et de la culture

 

Les infrastructures sportives sont constituées :

  • un stade Omnisport de la ville de Diffa créé en 1980 et couvrant une superficie de 65210 m². Il comprend une tribune, un terrain de football, un terrain de basket-ball en goudron, un terrain de volley-ball en goudron, et un ring de boxe.

Toutes ces installations, rénovées à l’occasion de la fête tournante du 18 décembre en 2009, souffrent cruellement de manque d’entretien.

  • une arène des jeux « Chétima Talba », opérationnelle et remise en état en 2009, à l’occasion de la fête tournante du 18 décembre et puis récemment, pour abriter le championnat de lutte traditionnelle en 2014.
  • l’hippodrome de Diffa

Il a été construit à l’occasion de la fête tournante du 18 décembre en 2009. Il dispose d’une piste de courses et d’une tribune. Il n’y a aucune clôture. En outre, on dénote des pistes de courses à Goudoumaria, Maïné Soroa, Chétimari, N’Guel Kolo et N’guigmi où les courses équestres sont pratiquées et des compétitions sont organisées. Il faut noter que ce sport connait des difficultés de financement et d’encadrement.

Dans les établissements scolaires, il existe de terrains de foot Ball en sable naturel dans tous les établissements publics, de basket-ball, de volley-ball et de Hand-ball pratiquement dans tous les anciens collèges et au lycée Idriss Alaoma, mais dans tous les cas, ils ne répondent pas aux normes et sont le plus souvent en mauvais état.

 

Sur le plan institutionnel, le Gouverneur conduit le développement des sports de la région avec la collaboration de la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports qui est le support de mise en œuvre de la politique en la matière.

En matière de sport, la délégation de pouvoir et de compétence aux fédérations sportives et par ricochet aux ligues régionales, devrait permettre une relance plus autocentrée des activités sportives afin que les pratiquants puissent mieux s’exprimer.

 

Les difficultés liées au développement scolaire du secteur sont entre autres :

-faible pratique du sport ;

-faible implication des acteurs,

-faible encadrement des différentes disciplines de sports surtout la lutte traditionnelle (’impréparation et improvisation) ;

-absence de sponsors

 

En définitive pour que le sport marche, il faut des moyens financiers conséquents pour motiver les pratiquants et une redynamisation des ligues sportives régionales. Du point de vue des équipements on  déplore les conditions non encourageantes à la pratique du sport. Il faut aussi noter les carences des structures chargées de la gestion du sport ; il n’y a aucune structure d’encadrement au niveau des communes et  des départements.

 

  • sous de la culture,

Le patrimoine socioculturel traditionnel de la région est riche et diversifié. On y dénombre deux importantes troupes artistiques (Abba Karia de N’Guigmi et les célèbres flûtistes  Baitou Chétima Ganga de Maine Soroa) sans compter de nombreuses cantatrices, les Gounda et les peuhls Bororo qui excellent dans l’art des chants et danses.

En termes d’infrastructures culturelles, la région  compte trois Maisons de la Culture, qui sont:

– une à Diffa construite en 1981 par l’Etat et dotée d’une bibliothèque, qui nécessite encore une réhabilitation et un équipement devant répondre aux attentes des jeunes et du public en général. Malgré sa rénovation à l’occasion des fêtes du 18 décembre en 1999, son état reste déplorable ;

– une à N’Guigmi reprise et équipée en 1999 par le Projet PADL/N ; elle nécessite encore la reprise des mures et d’équipement

– une à Maine-Soroa construite par la collectivité mais qui nécessite aujourd’hui d’être réhabilitée et équipée.

 

De par la diversité de sa population (Kanouri, Toubou, Peul, Touareg, Haoussa … etc.) la Région de Diffa a une richesse et des diversités culturelles qui sont malheureusement mal  connues et insuffisamment exploitées.

  • Les traditions orales relatent l’implantation de la 1ère capitale du Kanem-Bornou à « GAROUMELE » dont les vestiges sont encore visibles sur la route de N’guigmi à environs 115Km à l’Est de Diffa. Les recherches sont en cours pour faire la monographie.
  • A l’Ouest de Diffa (à 25km) se trouve un autre site à MESA reconnu pour les puissances occultes de ses Chefs Guerriers ;
  • Dans la Commune Rurale de N’Gourti, à AGADEM, il existe un autre site des vestiges des sofawa.
  • D’autres sites existent à Barwa, Koulounfardou

 

Les manifestations culturelles les plus importantes sont les fêtes traditionnelles, les mariages, les baptêmes, etc. D’autres, telle que le Chimaoorom de N’guigmi « fête annuelle organisée à la fin des récoltes à l’apparition de l’étoile Chimaou », ne sont plus organisée

Le Festival de l’oralité attribué à la région par le Ministère de la culture n’a connu qu’une seule édition en 2011.

Le festival régional dénommé « Festival du Cheval, des Arts et de la Culture (FECA/Manga) », créé par le Conseil Régional  par délibération N°2013-022/CR/DA du 24 décembre 2013, pour remplacer le festival de l’oralité,  attend encore de voir sa première édition.

 

Les contraintes majeures pour le développement de ces secteurs sont :

Malgré l’existence des infrastructures, les activités culturelles organisées dans ces centres sont très faibles. Elles ont lieu à l’occasion des fêtes tournantes dans le chef-lieu de la région ou lors du passage de certains artistes dans la région.

Le domaine culturel souffre dans la région, du peu d’intérêt accordé aux sites et monuments historiques (la liste des sites culturels et touristiques n’est toujours pas exhaustive). Les artistes sont inorganisés et peu encadrés. A cela s’ajoute le manque d’initiative des cades de la culture et la mauvaise gestion des Maisons de la Culture.

 

  • Cadre de vie

Dans la région de Diffa, contrairement à la mobilité des populations, le phénomène d’urbanisation n’a pas encore atteint une dimension importante.

Partant de la définition des centres urbains dans le contexte administratif nigérien, la population urbaine de Diffa est estimée en 2011 à 91 141 habitants soit 17% de la population totale de la région.

Les centres urbains de la région sont:

La ville de Diffa chef-lieu de la région et également Commune urbaine; les communes urbaines de Maïné-Soroa et de N’Guigmi; et les communes rurales de Bosso; Goudoumaria, N’gourti, Foulatari, N’Guel beli, Chétimari, Gueskerou, Toumou Le taux de croissance des centres urbains est variable suivant les localités. Il est de 4,5% à Diffa, 5,1% à Maïné-Soroa, 3,1 à N’Guigmi, 2,3% à Bosso, 1% à N’gourti et 5,1% à Goudoumaria.

 

L’habitat dans la région  de Diffa garde encore un aspect rural même dans les agglomérations considérées comme urbaines. Sur le plan quantitatif le problème de logement est crucial surtout à Diffa chef-lieu de la région au regard de la pression démographique dans les villes et de la demande accrue en logement des agents de l’Etat et du secteur privé. Sur le plan qualitatif le problème est  également de taille. Ainsi hormis des édifices publics ou para- publics la quasi-totalité de constructions sont en matériaux locaux (terre- végétaux) et présentent beaucoup de risques d’effondrement.

La production du logement est basée sur l’auto- construction. Il n’existe aucune structure de crédit formelle à l’habitat d’une manière générale, ni de structure locative formelle en matière de logement.

Seules trois agglomérations (Diffa, Maïné-Soroa, N’Guigmi) disposent de plans cartographiques permettant de suivre leur évolution spatiale.

La production de l’espace à bâtir (lotissement) relève des collectivités avec l’appui technique des services chargés de l’urbanisme.

Faute de viabilisation conséquente des zones loties pour des raisons financières, l’occupation des espaces péri-urbains est devenue aujourd’hui spéculative et incontrôlée. Des quartiers spontanés se développent alors qu’il existe des terrains lotis non occupés depuis plus de dix (10) ans. Cette situation conduit à des désagréments particulièrement au niveau de la ville de Diffa où le développement spatial est plus accentué sur les berges de la rivière Komadougou, zone pourtant sujette à l’inondation.

L’assainissement (voirie, réseau et divers), élément important dans l’amélioration des conditions du cadre de vie dans le milieu urbain,  a d’une manière générale bénéficié de très peu d’investissement dans la région de Diffa.Ce secteur est composé des volets suivants: –

 

-l‘évacuation des eaux de ruissellement : Les réalisations dans ce domaine se résument à 5176 ml de caniveau dans les anciens quartiers de Diffa (Diffa Koura, Afounori, quartier Festival).

-L’évacuation des ordures ménagères, est très mal organisé, voire inexistant.

La forte présence de déchets plastiques dans les ordures, le manque de dépotoirs contrôlés, font des ordures ménagères un véritable problème de santé publique et un danger permanent pour l’environnement.

L’évacuation des eaux usées : Il existe un seul bloc sanitaire public à Diffa. A l’exception de quelques privilégiés et dans les bâtiments de services publics, les installations sanitaires sont de type traditionnel.

Le manque de réseau d’évacuation des eaux usées est source de nuisance pour le cadre de vie et offre des gîtes de prolifération d’agents vecteurs de maladies. Les rares statistiques disponibles nous donnent un taux de couverture de 12% en assainissement de base

Les villes de la région ne disposent pas d’un système de voirie conséquemment entretenu et les réseaux divers devant accompagner la voirie urbaine ne sont nullement en adéquation avec la réalité du terrain.

Les principales contraintes relevées sont :

-Aucune collectivité territoriale ne dispose de textes réglementaires spécifiques en matière d’urbanisme et d’habitat. Les seuls documents d’urbanisme sont les plans de lotissement pour les villes de Diffa, Maïné Soroa et N’Guigmi, documents qui se résument à la mise en vente de terrain non viabilisé à bâtir.

-Les outils de programmation, de suivi ou de contrôle urbain que sont les schémas directeurs font cruellement défaut.

-En effet, aucune ville de la région n’a bénéficié d’un schéma de planification quelconque dans le domaine de l’urbanisme. La Direction Régionale de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction, une structure déconcentrée du Ministère chargé de l’urbanisme est uniquement basée dans le chef-lieu de la région.

 

 

2.7. Bilan des secteurs d’accompagnement et de soutien au développement

 

  • Sous-secteur de l’équipement

Deuxième en superficie à l’échelle nationale, la région  de Diffa demeure enclavée. En effet, hormis la route nationale bitumée (la RN1) sur une distance de 362 kilomètres, il n’existe aucune autre route digne de ce nom même latéritique. Cette situation constitue un important facteur de blocage pour l’économie nationale en général et celle de la région en particulier. La cherté de la vie dans la région est en partie imputable à l’insuffisance voire l’absence de voies de communication vers les pays voisins, notamment le Nigeria.

Le tableau ci-dessous présente la situation de la longueur du réseau routier pour les trois (3) anciens départements de la  région.

Tableau 2.  Réseau routier(en Km)

Départements Catégorie 2009 2010 2011 2012 2013
Diffa Département Routes bitumées 0  

0

 

0

 

0

 

0

Routes en terre 6 6 6 6 6
Total 6 6 6 6 6
MainéSoroa Routes bitumées  

0

 

0

 

0

 

0

 

0

Routes en terre 32  

32

 

32

 

32

 

32

Total 32 32 32 32 32
N’Guigmi Routes bitumées 0  

0

 

0

 

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Routes en terre  

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Total 0 0 0 0 0
Diffa Commune Routes bitumées 25  

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25

 

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Routes en terre 0 0 0 0 0
Total 25 25 25 25 25

Source : DR Equipement /Diffa

 

Du point de vue des infrastructures routières, la Route Nationale N°1 (RN1) longue de 362 km est la seule route bitumée qui relie la région de Diffa au reste du pays. Son état est assez bon pour la sécurité et le confort des usagers d’une part mais aussi pour la facilitation des transactions commerciales d’autre part, cela après la réhabilitation de la section limite région Zinder-Djajiri (153 Km) et celle de Diffa-N’Guigmi longue de 130 Km.

 

La route RN1 est aujourd’hui en bon état dans son ensemble, depuis la limite frontière Zinder jusqu’à Kindjandi, sur la route de N’Guigmi à 72Km de Diffa.

Les perspectives de l’Etat dans un proche avenir est la construction de la portion nigérienne de la route Maïné-Gaïdam longue de 7 Km, pour connecter à celle du Nigéria et la route N’guigmi-frontière Tchad.

 

Outre la RN1, la région a bénéficié de la construction de quelques pistes en terre qui sont :

-La route Diffa-Frontière avec le Nigeria, avec la construction d’un pont sur la rivière Komadougou longue de 4 km

-la route Maïné Soroa-Gaïdam (frontière Nigeria) longue de 7 km

-la route Mainé Soroa-Kanama frontière Nigeria, longue de 13 km ;

-la route Mainé Soroa-Ambouram, longue de 7 km ;

-la route Gagamari-N’guel Kolo, longue de 22 km en cours de réalisation ;

-et la routeKirikiri-Lac TchadKirikiri  longue de 145 km ;

Les principales contraintes sont :

– insuffisance d’infrastructures routières ;

– insuffisance dans le suivi et l’entretien du réseau existant ;

– immensité du territoire de la région ;

– coût élevé des infrastructures routières du fait de l’insuffisance de carrière granitique  (l’unique carrière de la région est celle de Djadjéri situé à  150 Km du Chef-lieu) ;

– ensablement des routes.

 

  • Sous-secteur du transport

Le transport est un secteur d’appui aux activités économiques. Il contribue  à la promotion d’une économie compétitive, assure l’approvisionnement du pays en produits divers, permet l’accès aux services sociaux de base (école, centres de santé) et le brassage entre les populations.

 

Au niveau du transport aérien, la région possède un aéroport de classe internationale. Il a une piste d’atterrissage de 1200 mètres de long et 24.5 m de large. Le Gouvernement a décidé de la réhabilitation de cette piste afin de porter sa longueur à 1800 mètres et sa largeur à 30 mètres pour un montant de 189. 779. 495 FCFA.

Au niveau du transport routier, le parc automobile est estimé à 4086 véhicule en 2014. Il était de 3493 véhicule en 2013, soit une progression de 17%. Les motos représentent 46% du parc véhicules. Cette progression s’explique par les conditions économiques favorables, notamment l’exploitation du pétrole, le développement de l’élevage et des cultures de rente (poivron).

La région possède deux gares routières modernes à Diffa et Mainé Soroa, sept compagnies de transport public de voyageurs assurent la desserte de la région en services réguliers de transport inter urbains sur les axes :

– Diffa- Zinder : SONEF, RIMBO transport voyageurs, Nijma transport voyageurs, Société des Transport Moderne (STM), Société Sahelo Saharien de Transport Voyageur (3STV), SONITRAV (la Nigérienne des Transports Voyageurs) ;

– Diffa-N’Guigmi : Jahadi Transport Voyageur ;

Le parc auto de la région est estimé à 4086 véhicules en 2014. Les camions, les véhicules pick up et stations wagons assurent le transport dans les zones difficile d’accès, souvent dans des conditions non sécuritaires engendrant des accidents graves. Les mini cars et les taxis collectifs sont exploités sur les axes routiers bitumés. Le transport urbain est en évolution avec l’apparition des taxis de ville qui on remplacé les taxis motos.

Au niveau du transport par voie d’eau, quelques embarcations artisanales y sont exploitées sur la rivière « Komadougou Yobé » pour le franchissement des rives séparant le Niger du Nigéria ou dans le cadre de la pêche.

En ce qui concerne la formation au permis de conduire, elle est assurée par trois (03) auto écoles : Kanem AUTO ECOLE (Diffa), MARABA AUTO ECOLE (Diffa), NASSARA (Mainé Soroa et Diffa). Le nombre total de permis de conduire en circulation dans la région est de 13063 en 2014.

 

Les contraintes et difficultés relevées.

– absence de planification des transports au niveau régional ;

– Nom opérationnalité du Centre Technique des Transport à N’Guigmi depuis 2009 (créé en 2007) ;

– abandon de la construction des locaux de la Direction Régionale des Transport depuis 1997 ;

– persistance du transport clandestin et de circulation des véhicules non en règle ;

– absence d’équipements et matériels moderne de contrôle technique automobile ;

– manque de financement pour la sécurité routière ;

– vétusté du matériel roulant ;

– insuffisance des moyens financiers pour le fonctionnement ;

– rupture d’imprimés de permis de conduire, cartes grises et titres de transport ;

– insécurité au niveau de l’aéroport de Diffa à cause de l’existence de zones non clôturées.

 

  • Sous-secteur de télécommunications

La téléphonie :

Il existe cinq opérateurs de téléphonie dans la région de Diffa. Il s’agit de SONITEL, Airtel, Sahel Com, Orange, et Moov dont les représentations principales sont localisées au niveau du chef-lieu de la région (Diffa) avec des locaux en bon état.

En 2014, les 4 opérateurs totalisent  213 593 abandonnés desservis par 53 relais dont 20 pour orange et 25 pour Airtel pour une population totale de 617 903 habitants.

 

Couvertures radio-télévisuelles

Sur le plan de l’audiovisuel, la région de Diffa compte seize (16) stations radios dont douze (12) communautaires. Il s’agit de la voix du Sahel, Anfani (1999), Ténéré, Dounia qui ont des antennes régionales à Diffa et douze radio communautaires sise dans les départements de Mainé Soroa(1), Goudoumaria (2), Bosso (1), N’Gourti (1) Diffa (3) et N’Guigmi (4). Seule la voix du Sahel dispose de deux (2) stations (Diffa et Goudoumaria) et 3 relais (Mainé Soroa, Bosso et N’Guigmi). La couverture radiophonique s’étend sur un rayon de 60 à 70km autour des stations et des relais (selon les zones et les saisons).

La région dispose de trois télévisions dont deux privées Dounia et RTT. La Télé SAHEL, qui est nationale couvre l’ensemble de la région à l’exception du grand Nord (le Nord des départements de Goudoumaria et de N’Gourti) tandis que les 2 autres couvrent seulement le chef-lieu de la région et ses alentours.

Dans le domaine de l’internet, on note l’existence deux (2) cyber café dans la ville de Diffa : Centre multi média et Sahel Com).

 

  • Sous-secteur de l’artisanat

 

Grand pourvoyeur d’emploi pour une frange importante de la population, surtout la composante féminine, de formation et de distribution de revenus, l’artisanat constitue une des branches importantes de l’économie nationale en général et de la région de Diffa en particulier.

Aujourd’hui, les activités artisanales (maroquinerie, vannerie, poterie, forge, bijouterie, menuiserie, tapisserie, natron et teinture) sont pour l’essentiel concentrées dans les grands centres (Diffa, Mainé Soroa et N’Guigmi) et pratiquées de manière traditionnelle. En effet, on n’enregistre aucune innovation majeure par rapport aux pratiques ancestrales.

 

Aussi, il faut noter que les produits artisanaux sont, pour la grande partie, consommés localement du fait que le tourisme est très peu développé et les artisans n’ont pas les moyens de les écoulés ailleurs.

 

En terme d’infrastructures modernes de promotion de la profession, notons que seule la ville de N’Guigmi dispose d’un vrai centre artisanal grâce à l’appui du Projet d’Appui au Développement Local (PADL/N’Guigmi). Toutefois, un village artisanal est en cours de construction à Diffa.

 

Il convient de noter que les femmes occupent de plus en plus une place importante dans ce secteur.

 

Les principales contraintes du secteur sont :

Au plan régional, l’artisanat souffre de la sous organisation des structures artisanales, du manque de financement et des faibles possibilités financières des artisans à accéder aux matières premières.

Malgré ses potentialités, il n’a bénéficié d’aucun projet d’appui. Ainsi, pour dynamiser ce secteur, il y a lieu de l’organiser à travers un recensement général des artisans par spécialité et par localité afin de pourvoir les organiser dans des centres artisanaux suivi d’un encadrement conséquent.

 

  • Sous-secteur du tourisme et de l’hôtellerie

 

Les sites touristiques les plus importantes de la région sont Garou Mele, Garou de Barwa, les vestiges des maisons des chefferies de Mainé Soroa, Gueskerou, et NguigmiIl, la Komadoudou Yobé, N’Guigmi, le Désert de TALL, quelques marchés à bétail, le Lac Tchad ; mais aussi  le transit Bilma- N’Guigmi- Tchad ou  N’Guigmi- Bilma – Agadez ; et  remontent vers l’Afrique du Nord.

 

L’hôtellerie, incontestable support du tourisme demeure peu développée dans la région car les rares hôtels existants sont faiblement équipés. Ce volet  a été pratiquement délaissé, mais on note l’implantation de cinq (5) infrastructures d’accueil :

A Diffa 

  • L’hôtel du 18 décembre avec une capacité d’accueil 75 chambres, un bar-restaurant ;
  • L’hôtel TALL avec une capacité d’accueil de 16 chambres, un Bar – Restaurant ;
  • L’auberge « AL KAWSARA » avec une capacité d’accueil de 08 chambres ;
  • Les maquis «LE KAZEL», « MARIMAR-PLUS », le Restaurant «DADIN  KOWA» dans l’auto gare;

En outre, on note l’existence des bars restaurants à la MJC, à l’arène, au Foyer des Cadres, au stade.

A Mainé Soroa

– L’hotel Mangari.

 

Le tourisme reste encore sous développé en dépit des richesses inestimables des sites touristiques. Sa valorisation nécessite la création de complexes touristiques ;  Malgré son importance il n’y a aucune étude déterminant la part du secteur dans l’économie régionale.

 

  • Sous-secteur des mines

La région de Diffa dispose d’un certain nombre de ressources minières dont la plupart sont exploitées de façon artisanale. Il s’agit de :

– l’extraction artisanale du natron avec environ quatre-vingt-quatorze (94) sites localisés au niveau des cuvettes dans la zone de Mainé Soroa et Goudoumaria. On note également l’existence d’un certain nombre de carrières de natron à N’Guigmi. La majeure partie du natron est commercialisée sous forme brute ;

– les carrières d’extraction des matériaux de construction.

En effet, les grands villages de toutes les communes possèdent des carrières d’argiles et des zones d’emprunt de sable. Toutes ces carrières sont exploitées de façon artisanale sauf les trois (3) carrières de granite de Djadjiri qui font l’objet d’exploitation moderne ;

– le sable de Tal : il est de très bonne qualité pour la fabrication des verres et des panneaux solaires et peut être éventuellement utilisé dans les constructions. Une étude de faisabilité de ces activités à travers le sable de Tal est disponible.

Les carrières seraient d’un apport financier considérable pour les communes concernées si elles appliquent les textes en la matière. Au stade actuel, seules les carrières de granite de Djadjéri respectent la réglementation en la matière.

Il n’existe aucun dispositif de suivi et contrôle de ces carrières qui relèvent de la compétence des communes pour lesquelles elles constituent des sources de revenu.

Cette exploitation artisanale des carrières a des conséquences fâcheuses sur l’environnement notamment la consommation du bois, les risques de noyade, etc.

 

  • Sous-secteur de l’énergie

L’énergie est à la base de toute croissance économique et du bien-être des populations. Elle est l’un des facteurs du progrès, de la croissance et de la diversification de l’économie. Ainsi, pour satisfaire les besoins essentiels des populations, l’accès à l’énergie revêt une importance primordiale.

Le secteur énergétique est représenté au niveau de la région par :

– l’énergie solaire;

– l’énergie éolienne (un étude est déjà disponible) et le gaz;

– les carburants et autres fuels ;

– le bois énergétique ;

– l’électricité.

Les principales contraintes du secteur, sont  entre autres :

-nuisance de la fumée de bois ;

-problème du déboisement qui a un impact négatif sur l’environnement ;

-dégradation de l’environnement ;

-coût élevé de l’électricité ;

-niveau élevé des investissements requis ;

-faiblesse des revenus des populations rendant leur accès difficile aux biens et services énergétiques de base, particulièrement les énergies renouvelables ;

-faible implication des collectivités décentralisées dans l’élaboration des projets relatifs aux énergies renouvelables.

 

 

  • Sous-secteur de l’industrie

 

  • Industrie

La région de Diffa dispose d’énormes potentialités susceptibles de favoriser l’implantation d’unités industrielles légères de transformation.

Ainsi, l’industrie est dominée par les petites entreprises, c’est à dire des boulangeries traditionnelles et modernes.

Il y a lieu de souligner que la région dispose de cinq (05) unités de boulangeries implanté dans le chef-lieu de la région.

Présentement, il faut signaler l’existence de deux (02) moulins de transformation de poivron, qui sont en activité avec deux groupements féminins de la région en occurrence « Dadin Kamu et Aminia ».

L’industrie est considérée comme un noyau dynamique de la croissance du développement économique et social puisqu’ elle est génératrice d’emplois et transforme les matières premières en améliorant les conditions de vie de la population du Manga.

En perspective, depuis 2012, le Conseil Régional a conçu une vision et un projet visant à l’émergence d’un pôle de développement régional appelé « Projet Pôle de Diffa ». Il s’agit de développer des stratégies de valorisation optimisée des potentialités économiques régionales en les axant sur les opportunités du marché intérieur et extérieur constitué par la forte demande du Nigéria et de l’Afrique Centrale.

Les principaux problèmes  et contraintes relevées sont :

– cout élevé de l’énergie ;

– faible pouvoir d’achat des populations ;

– concurrence déloyale ;

– fraude.

 

  • Sous-secteur du Commerce, Banque et établissements financiers

 

  • Commerce

 

Les  infrastructures marchandes de la région sont composées de :

  • 01 complexe commercial, 01 marché de bétail moderne, 01 marché de poivron et un marché de poisson installés dans la ville de diffa.
  • 62 marchés hebdomadaires.

Les activités commerciales sont pratiquées par deux types d’opérateurs : les  personnes morales et les personnes physiques.

– Les opérateurs économiques personnes morales sont ici représentés par les différentes coopératives exerçant dans la région. Leurs activités vont de la production à la commercialisation du poivron et du riz. S’agissant de ce type d’opérateurs, la région de Diffa compte une vingtaine de coopératives exerçant dans le secteur agropastoral. Malgré la présence d’une institution de crédit en leur faveur notamment la mutuelle d’épargne et de crédit N’GADA, ces entreprises de type personne morale ont des rendements souvent en dessous de leur attente. Elles sont toutes confrontées à d’énormes problèmes d’encadrement et de financement.

Hormis un faible volume de la production consommée au niveau local (marché local de Diffa et Zinder) le gros des productions du riz, du poisson et du poivron est dirigé vers le Nigeria par manque de débouchés sûrs et rentables. Il existe d’énormes possibilités d’accroissement du nombre de ce type d’opérateurs notamment dans le lit du Lac Tchad où sont produits d’importantes quantités de maïs, du niébé et du poisson.

 

– les opérateurs économiques pris individuellement, qui mènent des activités marchandes de manière traditionnelle sans véritable comptabilité. Quelques individualités mènent des activités semi modernes notamment le rôle de « fournisseurs et petits tâcherons ». La grande majorité de ces opérateurs sont des détaillants et intermédiaires de vente. Ce type d’activités avec peu de retombées économiques pour la région, bloque souvent l’émergence économique de la région. Car il est majoritairement bâti sur l’informel grand pourvoyeur des pratiques frauduleuses. Il s’agit entre autres de la vente de carburant, des produits pharmaceutiques (pharmacie par terre), des boissons gazeuses et autres en provenance du grand voisin le Nigeria.

 Il existe trois pistes qui sont les suivantes :

-La piste rurale : ravitaillement des marchés centraux urbains de la région en fonction de leurs jours de marché.

-La piste interrégionale : Celle-ci concerne les quelques grossistes ou « importateurs » des produits de première nécessité (Riz, huile, farine, sel, thé, savon et produits laitiers) qui s’approvisionnent auprès des grands centres commerciaux tels que Zinder, Maradi et Niamey.

-La piste du Nigeria : le commerce s’effectue essentiellement avec le Nigeria et concerne le bétail, le poivron, les cuirs et peaux, le natron et les produits de transit tels le riz, le thé, le sucre, l’huile et les cigarettes.

 

Le secteur informel est le plus grand pourvoyeur d’emplois mais il reste méconnu. Selon une étude menée en 1995 au niveau de région de Diffa, l’informel compte 24.681 établissements dont 9.028 exercent les activités de production, 10.349 le petit commerce et 5.304 les activités de service. Ce taux s’accroît de façon exponentielle d’année en année.

Cette situation d’insécurité ne doit pas laisser indifférent les autorités. C’est pourquoi des mesures doivent être prises pour améliorer la situation.

 

Les activités commerciales de la région qui se limitent à la vente des produits de rentes (poivron, riz, niébé), des cuirs et peaux à destination principalement du Nigeria et vers d’autres régions du pays, sont fortement limitées par l’enclavement de la région et l’insuffisance d’institutions bancaires.

 

  • Sous-secteur des Banques, établissements financiers et assurances

 

A partir de 2012, on constate l’émergence des institutions financières dénommées banques classiques (BIA, BAGRI, BIN) et d’autres en instance d’ouverture de leurs agences comme la SONIBANK, ECOBANK, etc. preuve de la vitalité de l’économie de la région caractérisée par une amélioration de la gestion financière des opérateurs économiques à travers les différents flux financiers (épargne, investissement). En témoigne l’évolution  croissante  du nombre des clients pour toutes les banques. Par exemple à la BIN, le nombre de clients a doublé entre 2012 et 2013 passant ainsi de 300 à 700 abonnés. Le taux d’intérêt sur le marché financier diffère d’une banque à une autre mais tourne sur une valeur limite de 12%.

 

Dans le domaine de la micro-finance deux institutions sont présentent dans la région, il s’agit de ASSUSSU et  N’GADA avec respectivement 7983 clients en 2014 et 5 777 en 2013. Le nombre de clients ne cesse de s’accroitre avec pour corollaire la hausse des demandes de crédits. Le taux d’intérêt est de 12% cependant celui de ASSUSSU est le plus bas mais discriminé en fonction de la nature du client et du type d’activité. C’est ainsi que les AGR accèdent aux crédits avec un taux de 1,65% tandis que celui du consommateur ordinaire est de 1,75%.

 

Pour ce qui est des institutions de transfert d’argent, elles sont assez représentées dans tous les départements de la région. Il’ s’agit de BENIF AFOUWA, AL IZZA ET POSTE E MONEY.

 

Dans le domaine des assurances, Il n’existe que deux agences dans la région qui sont toutes implantées dans la Commune Urbaine de Diffa. Il s’agit de LEYMA ASSURANCE installée depuis longtemps et MBA installée en 2013.le nombre des assurés est en augmentation (1925 en 2012 et 2847 en 2013 pour LEYMA et 465 en 2014 pour MBA). Ces sociétés ne disposent d’aucune représentation dans les Départements et les Communes.

 

  • Sous secteurs d’assurance

Il n’existe que deux agences d’assurance, elles-mêmes implantées dans la Commune Urbaine de Diffa. Il s’agit de l’assurance LEYMA installée depuis fort longtemps et récemment l’assurance MBA en 2013. Certes le nombre des assurés est sans cesse en augmentation (1925 en 2012 et 2847 en 2013 pour LEYMA et 465 en 2014 pour MBA). Ces sociétés ne disposent d’aucune représentation dans les Départements et les Communes.

2.8. Bilan-Etat des lieux de la Région

  • Secteurs productifs

Le Schéma Directeur du Développement Régional de Diffa de 1992 a divisé la région en trois zones sur la base des critères pluviométriques, édaphiques et de la végétation (Etude sur l’Approfondissement du Diagnostic et l’Analyse des Systèmes de Production Agro-Sylvo-Pastoraux de Diffa, SE/SDR, 2004). Ces trois zones sont :

  • La zone I située dans la partie sud de la région et qui se subdivise en trois sous-zones, à savoir : (i) la partie Sud Est de la région (sous-zone IA) marquée par une steppe parsemée de cuvettes (où les nappes phréatiques sont peu profondes) dont les sols sont riches en matière organique offrant ainsi d’importantes potentialités agricoles ; dans cette sous-zone, le couvert arboré est relativement dense. (ii) la sous-zone située le long de la KomadougouYobé (sous-zone IB) caractérisée également par des sols riches, une couverture arborée assez dense et une nappe phréatique également peu profonde. (iii) la sous-zone représentée par le lit du lac (sous-zone IC) présentant une végétation très dense (forêt de Prosopis) et des sols argileux de très bonne fertilité.
  • La zone II comprenant le nord des départements de Maïné-Soroa et de Diffa ainsi que le sud de celui de N’Guigmi. Dans cette zone, les sols sont plus sablonneux et la nappe phréatique souvent profonde. La végétation y est moins abondante. C’est la zone à vocation agro-pastorale.
  • La zone III, ou zone pastorale constituée pour l’essentiel du nord du département de N’Guigmi et caractérisée par un couvert végétal très maigre et d’importantes dunes et de dépressions. Elle se subdivise en sous-zone strictement pastorale au Nord et en sous-zone quasiment désertique dans l’extrême Nord du département.

 

La Région de Diffa est à vocation essentiellement agro-pastorale. La production céréalière de Diffa repose actuellement sur les systèmes de cultures pluviales et irriguées

Figure 4. Zones agro écologiques de la région

Source : Document de consultation sectorielle sur l’environnement et la lutte contre la Désertification, diagnostic régional de Diffa

Les activités agricoles qui occupent plus de 90 % de la population sont pratiquées dans les deux premières zones et se caractérisent par les productions pluviales (mil, sorgho, niébé), les cultures irriguées (poivron, oignon, riz, etc.) et les cultures de decrue (courges, niébé etc).

 

La production pluviale est caractérisée par une forte instabilité inter annuelle liée aux fluctuations des superficies mises en valeur, aux aléas climatiques et aux ennemis des cultures notamment les sautereaux et les oiseaux granivores. L’évolution de la production montre que les déficits céréaliers dans la région sont devenus quasi structurels.

Malgré la forte progression des cultures irriguées (poivron, oignon, riz, blé, maïs et orge) dans les cuvettes, sur les rives et la zone d’épandage de la KomadougouYobé ces dernières années, le mil reste encore largement dominant (¾ de la superficie cultivée).

A côté de l’agriculture se développent de plus en plus les activités de pêche pratiquées par les populations locales et étrangères. Les revenus tirés des activités sont très importantes.

Les principaux obstacles au développement de l’agriculture sont :

  • la faible pluviosité de la Région ;
  • la pauvreté des sols dunaires et leurs lessivages ;
  • la pression parasitaire (puceron sur le poivron et oiseaux sur le mil et le sorgho).
  • une sous exploitation des terres irrigables ;
  • les faibles capacités financières des exploitants, l’absence de crédit adapté et de système efficace d’approvisionnement en intrants sont les principales causes du sous équipement agricole dans la région ;
  • la non maîtrise de la commercialisation ;

Dans la zone agro écologique III, sont développées les pastorales. la région est une zone d’élevage par excellence. En effet, en tant qu’activité de production, l’élevage, le plus  couramment pratiqué de manière extensive,  concerne près de 95% de la population de la région et intervient pour près de 55% dans la constitution du produit annuel brut de la région.

La région dispose des zones pastorales avec une superficie estimée à environ 6.078.320 hectares et de 36 enclaves pastorales reparties entre les départements de Bosso (14 enclaves) et de N’Guigmi (22 enclaves) pour une superficie de 5.011 hectares.

Le cheptel de la région estimé à plus de 3 750 686 têtes toutes espèces confondues correspondant à 1 636 916 UBT en 2013, est composé des Bovins, Ovins, Caprins, Camelin, Equins et Asins soit 9,90% du cheptel national (Source : SDDEL, 2012-2035). La volaille ne dispose pas de données chiffrées mais est d’un appoint important en  protéines nobles pour les populations.

Malgré ses atouts et sa place importante dans l’économie de la région, le secteur de l’élevage est de plus en plus confronté à des graves difficultés qui sont le déficit fourrager chronique, le mauvais maillage des points d’eau ne permettant pas l’exploitation rationnelle des pâturages; la dégradation des parcours et/ou leur colonisation par les espèces envahissantes, la faible organisation des producteurs dans le domaine de la commercialisation des animaux et de leurs produits, l’existence de pathologies à caractère endémique dans le lit du lac Tchad (Hémato parasitoses, pasteurellose) etl’insuffisance des services des proximités et de faible encadrement des éleveurs.

L’ensemble des trois (3) zones, on constate de plus en plus une forte pression sur les ressources forestières à travers l’exploitation des produits ligneux et non ligneux.

L’environnement subit continuellement les actions anthropiques et celles du changement et de la variabilité climatiques. Le phénomène d’ensablement s’accentue de jour en jour et des pertes de nombreuses terres de cuvettes et de pâturages sont enregistrées quotidiennement.

Des ressources importantes doivent être mobilisées dans les meilleurs délais pour réagir en vue d’atténuer ces effets néfastes du climat.

  • Secteurs Sociaux

Ils concernent particulièrement les services sociaux de base de la santé, de l’éducation et de l’hydraulique.

L’état des lieux de ces secteurs fait apparaitre des grands enjeux et défisnotamment dans la gestion des effectifs scolaires, l’insuffisance des infrastructures et d’équipements, l’insuffisance et la qualité de l’encadrement surtout dans le secteur éducatif, les disparités et le inégalités dans la répartition des infrastructures et la fourniture des services.

  • Secteurs d’accompagnement et de soutien

Ils concernent tous les secteurs qui contribuent à l’économie régionale. Il s’agit :

-l’équipement et le transport : il n’existe aucune autre route digne de ce nom même latéritique. Deux gares routières modernes à Diffa et MainéSoroa, sept compagnies de transport public de voyageurs assurent la desserte de la région en services réguliers de transport inter urbains ;

 

-les télécommunications : on note une avancée significative avec la telephonie mobile et l’installation de plusieurs opérateurs de télécommunications, en plus de la SONITEL qui dispose de deux (2) stations terriennes (Diffa et Goudoumaria) et trois (3) relais (Bosso, Maine, N’Guigmi). Ce secteur des télécommunications a connu un certain essor à Diffa. Cependant, la couverture de toute la région est loin d’être effective, notamment le grand Nord (le Nord des départements de Goudoumaria et de N’gourti)

S’agissant du réseau postal, il est très peu développé avec 4 bureaux (Diffa, Maine, N’Guigmi et Goudoumaria).et connait une situation très critique due à des concurrences diverses et multiformes.

 

-l’artisanat :Le poids de ce secteur dans l’économie a suscité de la part des Pouvoirs Publics une attention de plus en plus significative par la création du Ministère de l’Artisanat et du tourisme. Toute fois les politiques menées jusqu’ici dans ce domaine n’ont pas eu d’impact dans la Région de DIFFA, car les Artisans ne disposent toujours pas de centre pour réaliser leur activité qui recèle d’importantes potentialités.

Aujourd’hui, les activités artisanales sont pour l’essentiel concentrées dans les grands centres (Diffa, MainéSoroa et N’Guigmi) et pratiquées de manière traditionnelle. En effet, on n’enregistre aucune innovation majeure par rapport aux pratiques ancestrales.

Au plan régional, l’artisanat souffre de la sous organisation des structures artisanales, du manque de financement et des faibles possibilités financières des artisans à accéder aux matières premières.

 

le tourisme et de l’hôtellerie :Il ressort que la région de DIFFA attire un nombre non négligeable de touristes, cependant il est difficilile de chiffrer leur nombre du fait de l’absence des statistique. Les sites touristes les plus importantes de la région sont la KomadoudouYobé, N’Guigmi, le Désert de TALL, quelques marchés à bétail, le Lac Tchad ; mais aussi  le transit Bilma- N’Guigmi- Tchad ou  N’Guigmi- Bilma – Agadez ; et  remontent vers l’Afrique du Nord.

L’hôtellerie, incontestable support du tourisme demeure peu développée dans la région car les rares hôtels existants sont faiblement équipés. Ce volet  a été pratiquement délaissé, mais on note l’implantation de cinq (5) infrastructures d’accueil.

 

-les Mines,  Energies et Industries :

 

Les  sous-secteurs  des Mines, Energie et Industrie sont  peu développés dans la région pour des raisons diverses dont entre autres : le caractère informel de l’économie, l’insuffisance d’esprit d’initiative des opérateurs économiques, la faible capacité financière des acteurs face aux conditions difficiles d’accès à l’énergie.

La région de Diffa dispose d’un certain nombre de ressources minières dont la plupart sont exploitées de façon artisanale.

Le secteur énergétique est représenté au niveau de la région par :

  • l’énergie solaire;
  • l’énergie éolienne et le gaz;
  • les carburants et autres fuels ;
  • le bois énergétique ;
  • l’électricité

Avec les blocs pétroliers d’Agadem,Le Niger est devenu pays producteur de pétrole et du gaz en 2011. Au stade actuel, la région de Diffa renferme la quasi-totalité des structures de production pétrolière du pays.Les réserves sont estimées à 390 millions debarils pour le pétrole et 10 milliards de mètres cubes pour le gaz.

Il existe d’énormes potentialités susceptibles de favoriser l’implantation d’unités industrielles légères de transformation. L’’industrie est dominée par les petites entreprises, c’est à dire des boulangeries traditionnelles et modernes, des entreprises de fabrication de pure water, la transformation de l’arachide et la fabrication du fromage.

En perspective, depuis 2012, le Conseil Régional a conçu une vision et un projet visant à l’émergence d’un pôle de développement régional appelé « Projet Pôle de Diffa ». Il s’agit de développer des stratégies de valorisation optimisée des potentialités économiques régionales en les axant sur les opportunités du marché intérieur et extérieur constitué par la forte demande du Nigéria et de l’Afrique Centrale.

 

Commerce, Banque et établissements financiers

Le secteur du commerce en général, souffre de l’insuffisance d’un  environnement des affaires propice, l’absence d’une politique commerciale (étude en cours) et une insuffisance des échanges liée à des difficultés de stockage des produits nationaux, la faiblesse des capacités de transformation, le caractère traditionnel des infrastructures marchandes, la dégradation des infrastructures de transport et le caractère informel du commerce. Il existe pourtant des opportunités d’investissements commerciaux qui pourraient être exploitées dans l’agriculture, l’élevage, les mines (carrières) et l’artisanat.

Dans la région de Diffa, les activités commerciales sont pratiquées par deux types d’opérateurs : les  personnes morales et les personnes physiques.